Ce we, j’ai eu le temps de faire deux expos vraiment superbes. Il s’agit de l’affichiste Jacques Villeglé et du photographe/portraitiste Richard Avedon.
En ce qui concerne Villeglé, je connaissais seulement ses œuvres autour de l’affiche lacérée. J’ai découvert à l’expo du centre Pompidou qu’il avait fait de nombreuses compositions graphiques/typographique autour de son alphabet révolutionnaire. Voici des exemples de fac-similés réalisés par Villeglé sur les papiers à lettres d’hôtels genevois.

Villeglé joue beaucoup avec la fragmentation des mots dans ses compositions. Il mèle, découpe et mixe les lettres exactement comme il le fait dans son travail d’affichiste.
Expo: «La comédie urbaine» du 17 septembre 2008 au 5 janvier 2009 au centre Pompidou.
Richard Avedon a révolutionné le monde de la photographie de mode d’après guerre. Il comparait les modèles d’avant-guerre à des «statues sans âme» auxquelles il va redonner vie en jouant avec une constante qui revient continuellement dans ses photographies; le mouvement. Quand on regarde ses photos, en remarques immédiatement la maîtrise du moindre détail dans chacune de ses compisitions. «Avedon ne photographie pas seulement des mannequins, il crée une image».
Pour plus d’informations, c’est ici

C’est sur le blog de Zurich29 que j’ai découvert l’artiste digitale Tomasz Opasinski. J’ai immédiatement été absorbé par l’univers graphique qu’il met en place. C’est vrai que sont style paraît très trendy, mais je trouve que ça va particulièrement bien avec les affiches qu’il publie.
Ce qui est assez remarquable sur son site, c’est qu’il nous montre les différentes étapes de certaines de ses réalisations. Par exemple, il part d’une image tout à fait bannale du pont de brooklyn pour arriver à une affiche totalement destroy pour le film «I am a Legend» avec Will Smith.
Plus je regarde ses travaux, plus je remarque une cohérence dans chacune des ses affiches. Le ton, ou plutôt son style est aisément identifiable. Dans la plupart des affiches, ont tape à nouveau dans le style vintage / old school que j’ai souvent mentionné dans ce blog (voir ici et ici). Mais ça marche et ça remarche !!! On aime, et on en veut encore !! (pour l’instant).

[Ce type de représentation graphique (j'ai l'impression de me répéter…) ne fait que s'intensifier aujourd'hui. Hier encore, j'ai lu le billet d'Etienne Mineur sur les Zombies et les génériques de films. Il nous parle à la fin de son post de plusieurs films (Cloverfield, [•rec], project Blair Witch, etc, ) qui utilisent ce type de procédé graphique, non pas «vintage», mais plutôt brute de décoffrage.L’effet «caméra au point» va produire une sorte de regression technologique de la part de la réalisation de l’équipe du film et va apporter, pour le spectateur, un sentiment d’amateurisme voir de voyeurisme. Le cas extrême de ce type de représentation est le film d’exploitation.]
Revenons à l’affiche. Oui, nous reculons dans le temps (aspect vieillit, raturé, déchiré, etc) mais Opasinski apporte à ses réalisation une sorte de fraîcheur extrême avec des jeux typo, des effets de lumières et des cadrages très pertinents. En plus, je n’ai pas peur de le dire, mais je trouve ses images très belles. Elles me donnent envie de les regarder. N’oublions pas qu’il s’agit d’affiche de film. Un de leur but principal est d’attirer le regard, soit en tapant directement dans le cœur du film, où en y laissant une part de pseudo-confidentialité (l’affiche de Cloverfield et de tous les «secrets» qui allaient avec ce film).
Post d’Etienne Mineur sur John Alvin; créateur d’affiches de films ici
Quand on se ballade sur le site de Tomasz Opasinski, on tombe également sur de la photographie. Ici aussi, on tombe sur un représentation très «destroy». Certaines photos où sont présents des jeux de reflets me font penser à certains travaux d’hyperréalistes américains, comme Richard Estes.

Encore une fois, on peut relier ce type de photographie au style lomographique des années 80/90 dont les 10 règles (wiki) principales sont les suivantes :
1. Prends ton Lomo où que tu ailles (Take your Lomo everywhere you go)
2. Utilise-le tout le temps — jour et nuit (Use it any time — day & night)
3. La lomographie n’interfère pas avec ta vie, mais en fait partie (Lomography is not an interference in your life, but a part of it)
4. Essaye de viser depuis la hanche (Try to shoot from the hip)
5. Approche-toi au plus près des objets que tu veux lomographier (Approach the objects of your lomographic desire as close as possible)
6. Ne pense pas (Don’t think)
7. Sois rapide (Be fast)
8. Tu n’as pas à savoir à l’avance ce que tu vas prendre en photo (You don’t have to know beforehand what you captured on film)
9. Après coup non plus (Afterwards either)
10. Moque toi des règles ! (Don’t worry about any rules)
Les photos d’Opasinski me font aussi penser à celles de Scott Hansen.

Site d’Opasinski à consulter d’urgence ici.
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Voici une artiste Israélienne qu’on m’a fait découvrir hier à l’atelier.
Michal Rovner, pas plus qu’aucun autre artiste, n’échappe totalement à la logique du médium dans lequel elle travaille. Les supports ont leur histoire et leurs lois, leur dynamique propre, dont l’artiste joue dialectiquement, s’en approchant et s’en éloignant, les pervertissant et les régénérant tour à tour.
Régis Durand




Livre «Fields» ici














